Andy
Wahrol a dit, “tout art est politique, le nier c’est sortir
du jeu de l’art”.
Exa Concept approuve et le prouve en faisant ployer ses
pictogrammes sous le poids des bombes. Les pictogrammes
s’étaient jusqu’ici pourtant échappés bien souvent du
contexte de la circulation urbaine et avaient toujours
fleuris au contact du monde extérieur. Jamais encore
cependant ils n’étaient revenus abîmés,
meurtris...démembrés. C’est cette fois le cas avec le
projet mines antipersonnelsMines
de rien.
Le choix des pictogrammes, bien qu’axe constant de notre
travail, est cette fois motivé par une volonté d’absence de
pathos. Car en effet, le pictogramme est froid et
fonctionnel et la ligne graphique qui le définit écarte
l’émotion. C’est une constante, le sentiment est absent du
concept du pictogramme sans quoi l’efficacité qui le
caractérise en est diminuée. Quelle belle occasion de jouer
sur les contrastes ! D’un côté la terreur, le drame humain,
la mutilation d’innocents...d’enfants, le cynisme de la
guerre. De l’autre, des images propres aux lignes tendues,
une pureté graphique presque esthétique, des aplats unis,
des silhouettes simplifiées sans visages ni expressions...
voilà ce que nous proposons. Un mariage forcé entre le
cauchemar des bombes et la raideur décalée des
pictogrammes. La froide distance du pictogramme de fer au
service des brûlures du corps et de l'âme, de la tiédeur du
sang et des larmes. La froideur du métal pour célébrer la
chaleur du cœur.